Le choix et le rôle des médias francophones dans l’ethnisation et l’exacerbation des conflits.

Introduction 

Il aura fallu plus de 20 ans pour que le monde ouvre les yeux pour constater que dès la fin des années 80 la région des Grands Lacs en Afrique avait été vouée à devenir un espace chaotique où devait régner une clique de criminels menés par des seigneurs de guerre impopulaires et donc illégitimes qui devraient exécuter le plan des superpuissances dans la région en échange d'une impunité totale et d'une protection sans faille en cas de menace ou de contestation de son hégémonie par les peuples soumis de la région . En ce début de l'année 2016, on constate en effet que les anciens réfugiés tutsi recrutés en Ouganda sont parvenus à se rendre maîtres du Rwanda après avoir semé la désolation depuis 1990 mettant le pays à feu et à sang avec le soutient des occidentaux qui s’en foutaient de la vie des Rwandais hutus comme tutsis pourvu que l’objectif soit atteint : la mainmise des superpuissances sur les richesses des Grands Lacs, surtout celles du Congo (Zaïre). Comme prévu, après le Rwanda, ces aventuriers surarmés ont continué leur sale besogne en envahissant le Zaïre (aujourd'hui République Démocratique du Congo) et en transformant ce pays en un espace de non- droit dans lequel la clique dirigée par Paul Kagame sert de bouclier aux Multinationales qui pillent allègrement les richesses de ce pays au moment où sa population croupit dans la misère, tant ce qui est qualifié de " classe politique » du pays qu'est la RDC n'a qu'un seul objectif: paraître le courtisant le plus fidèle de Paul Kagame et donc des superpuissances pour survivre politiquement et économiquement. Voilà plus de vingt ans que ce manège macabre dure.

Dans la suite, pour parachever le plan de « chaotiser » la région et la livrer totalement et à jamais à la merci de ces bandes de combattants surnommés "soldats sans frontières » de Paul Kagame, qui revendiquent agir au nom des tutsis,  sans en avoir pourtant reçu aucun mandat de la part de cette communauté, il fallait s'attaquer au maillon le plus faible en tant qu'Etat de la région qu'est le pauvre Burundi. C'est à quoi nous assistons depuis avril 2015 et qui a pris comme prétexte la contestation d'un "troisième mandat" de Pierre Nkurunziza. Sur les causes réelles de la déstabilisation actuelle du Burundi, personne n'est dupe et nous n'y insisterons pas. Par contre, nous voulons souligner le choix et l'action des médias francophones, principalement françaises et belges qui, avec une constance mécanique, ont accompagné le plan de « chaotiser » la région depuis son lancement jusqu'à la phase actuelle où c'est le tour du Burundi de tomber dans l'escarcelle du prédateur Paul Kagame mandaté par les superpuissances qui l'ont créé et mandaté pour cela.

Rwanda 1990-1994

Dans ce pays, dès le début de la conquête militaire du Rwanda par des éléments tutsi de l'armée régulière de l'Ouganda lancée le 01 octobre 1990, l'opinion tant rwandaise que régionale fut étonnée de comment la presse belge tant privée que publique couvrait cette guerre. Pour le quotidien « Le Soir » sous la houlette d’une certaine Colette Braeckman, deux camps s'affrontaient au Rwanda: les "bons" à savoir le rébellion tutsi du FPR et les "mauvais », entendez les forces armées de la République Rwandaise qualifiées dédaigneusement de « armée de Habyarimana". Au cours du conflit,  Le Soir de Braeckman adjoindra au camp des "bons" les "idiots utiles" qui, pour des raisons personnelles pour régler leurs comptes avec le président Habyarimana, ou pour obtenir des postes dont ils ne pouvaient jamais rêver dans un processus démocratique, feront alliance avec la rébellion tutsi du FPR. Après la conquête du pays en 1994, on sait ce qu'il est advenus à ces "idiots utiles". Nous n’y reviendrons pas. Parallèlement, d'autres médias belges comme La Libre Belgique sous la plume d'une certaine ... Marie France Cros ou la radio télévision publique RTBF... propageaient cette vision manichéenne du conflit jusqu'à la fin. Les médias belges ont continué ce sale besogne longtemps après la conquête du pays par le FPR. Malgré les condamnations judiciaires sur plaintes de quelques personnalités hutu qui ont pu défendre leur honneur, ils persistent dans la désinformation" PROCÈS NSANZURWIMO / RTBF : MANQUE DE PROFESSIONNALISME DE LA JOURNALISTE M. KLARIC " 

Monsieur SHINGIRO MBONYUMUTWA a prouvé le manque de professionalisme de nos jounalistes belges francophones.

La RTBF a,  en effet été condamné à plusieurs reprises pour diffamation et manque de professionnalisme, mais rien n’y fait : quand il s’agit de désinformer en faveur de Paul Kagame ou d’accabler son opposition  elle n’hésite devant aucune énormité.

De même en France, des médias comme Libération sous la plume d'une certaine Maria Margardis ou France 2 où venaient pleurnicher en direct aux JT les porte-parole des lobbies pro-FPR travaillant sous le couvert des associations comme Survie, ont continué à désinformer l'opinion en prétendant que dans cette guerre les tutsi étaient bons et donc à soutenir et les hutu des mauvais à défaire à jamais.

En agissant ainsi, ces médias occidentaux et ces journalistes  sont de véritables catalyseurs des conflits ethniques dans la région et sapent ainsi tous les efforts de réconciliation ethnique entrepris par certains partis politiques de l’opposition qui tentent des rapprochements politiques entre hutu et tutsi. Pour mettre en évidence le parti-pris, on sait bien qu’à l’intérieur du Rwanda règne un véritable apartheid anti-hutu qui n’est jamais dénoncé par ces médias.

RDC: 1996-jusqu'à ce jour.

Moins de deux ans seulement après s'être rendue maître du Rwanda, la clique tutsi des "soldats sans frontières" commandée par Paul Kagame et commanditée par les superpuissances ayant décidé de "chaotiser" la région est entrée en action au Zaire, actuel RDC. La suite on la connait. Depuis lors, le pays est devenu une jungle politique et économique dans laquelle celui qui tire les ficelles n'est autre que Paul Kagame, bras armé des puissances et de leurs multinationales qui pillent allégrement ce pays. Mais curieusement dans cette aventure, on aura noté le même rôle des médias francophones comme celui joué lors de la conquête du Rwanda. On y a retrouvé les mêmes Colette Braeckman , Marie France Cros pour les médias belges et les mêmes Libération, France 24, TV5 sans parler de la honteuse "Jeune Afrique" en ce qui concerne la France, avec toujours le même leitmotiv: les bons sont du côté de Paul Kagame, les mauvais sont les réfugiés hutu qui l'ont fui et qui survivraient dans les forets de la RDC, ce qui donne aux soldats tutsi de Paul Kagame droit de vie et de mort sur tout hutu se trouvant en RDC.

Burundi: 2014-jusqu'à ce jour.

Actuellement que c'est le tour du Burundi de subir la loi du "chaos" made in Occident et mise en pratique par Paul Kagame, on retrouve comme il fallait s'y attendre les mêmes médias et les mêmes journalistes qui accompagnent cette nouvelle forme de conquête. On retrouve les mêmes acteurs avec les mêmes ingrédients. Les mêmes journalistes

(Colette Braeckman , Marie France Cros ; etc) qualifient les camps en présence: les bons du côté des "soldats sans frontières" de Paul Kagame, auxquels on adjoints des "idiots utiles" destinés à devenir après la conquête du pays des "hutu de service" mais qui actuellement ont besoin de cet appui pour, soit exister, soit se venger de rancœurs personnels sans penser à leur avenir et encore moins à l'avenir politique du pays. Les mauvais sont bien entendu  ceux qui ont été démocratiquement élus mais que l'on se doit de diaboliser comme ayant des visées "génocidaires" pour qu'après la conquête militaire ils soient d'office disqualifiés à jamais sur la scène politique du pays.

Résultats des courses après vingt ans de manœuvres: la RDC est devenue une jungle mais dans laquelle les multinationales ne se sont autant bien servies avant. C'est comme depuis la destruction des états pétroliers comme l'Irak ou la Libye, le prix du pétrole n'a été aussi bas! Le Burundi devrait lui aussi devenir si pas chaotique (le territoire est trop exigu) mais tout au moins sous la botte de la sentinelle de la région qu'est Paul Kagame et ses "soldats sans frontières tutsi" formés, équipés et payés par les superpuissances.

La seule question que chaque intellectuel de la région des Grands Lacs devait se poser, ou que nous lui posons, est celle de savoir: quelle crédibilité accorder encore aux médias belges et français et plus précisément aux journalistes comme Colette Braeckman, Marie France Cros, François Soudan Maria Margaris etc... quand ils publient sur la région? Est-ce par naïveté, cupidité ou myopie sociale que nos intellectuels n'ont toujours pas perçu voici plus de 20 ans le rôle nocif de ces médias et journalistes pour s'en écarter? La palme revient à Colette Breckman qui encore vient d’être pris la main dans le sac dans la désinformation. Dans une tribune publiée récemment dans Le Soir (http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2016/02/23/burundi-kagame-exprime-son-exasperation/), cette inconditionnelle de Paul Kagame tente maladroitement de le défendre des accusations précises et bien documentées pour ces actes de déstabilisation du Burundi. Elle a écrit en effet : « …"Kagame a répondu sans ambages aux accusations portées jusqu’aux Nations Unies par le Burundi, qui a dénoncé le soutien que Kigali apporterait aux rebelles armés. " Notez la certitude qu’elle a comme quoi Kagame a répondu sans ambages  ainsi que le conditionnel quant aux accusations. Plus loin elle dit : « …"Kigali assure que les Interhahamwe, auteurs du génocide de 1994, sont aujourd’hui présents aux côtés des «Imbonerakure », les miliciens proches du régime, des jeunes gens issus des groupes sportifs mais qui sont aujourd’hui dotés d’armes et multiplient intimidations et violences." Notez la certitude qu’elle a pour affirmer que les Interahamwe sont au Burundi, cette fois-ci pas de conditionnel. Plus retors que cette journaliste, tu meurs !

Pour ces superpuissances, une autre politique qui respecte les peuples des Grands Lacs devrait être envisagée pour la pérennité de leurs intérêts dans la coopération entre Nations libres.

Emmanuel Neretse




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