Gisèle UWILINGIYIMANA, Bruxelles, publication du 12/09/2018 sur sa page facebook
 
 
 Chers amis, Rwandais surtout,
 
Quand un politicien belge, au passé lui-même trouble, prend sur lui de calomnier quelques personnes parce qu'elles se portent candidates en Belgique et qu'elles font partie de Jambo ASBL, et que les journaux relaient ses calomnies, je me demande bien qui pourrait être le prochain? On les traite librement de tous les noms, même les pires. Qui sera le suivant à être allègrement désigné "progéniture de génocidaires attitrés," comme a dit quelqu’un, qui sera traité de négationniste ou même de génocidaire, ou qu’est-ce que ce sera demain ?
 
Je sais, ces mots paraissent peut-être loin, parce que vous ne faites peut-être pas de politique, ça ne vous intéresse pas, vous ne voulez pas de problèmes, vous n’avez rien à voir dedans, vous n'avez rien à vous reprocher… Peut-être qu'en plus vous n'êtes pas tout à fait d'accord avec les personnes accusées, l'association attaquée sur tout ce qu'ils disent…  
 
Mais donc laissons-les se faire assassiner publiquement ces gens-là ?
 
Le FPR a tué des centaines de milliers de gens au Congo. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'ONU, entre autres. Mais quand on le dit, le FPR répond que c'étaient des génocidaires dans ces forêts. Qu’ils n’ont poursuivi que des génocidaires qui le méritaient. Il n’y aurait donc eu que des génocidaires au Congo. Selon cette mesure, à combien d'entre nous cette accusation de génocidaire sera-t-elle applicable? Si vous êtes passé par le Congo vos enfants seront des "progénitures de génocidaires attitrés" qui ne peuvent qu’avoir l’idéologie génocidaire à leur tour, ne peuvent qu'être négationnistes à leur tour. Bon, vous n'êtes peut-être pas passé par le Congo. Vos parents, vos grands-parents, vos oncles et tantes, vos cousins, vos frères et sœurs, quelqu'un y est peut-être passé ? Mais qu’importe, ce n’est qu’un exemple parmi bien d’autres.
 
Quand ce sera vous qui dérangerez, ou vos enfants, ou vos petits-enfants, ils trouveront bien quelque chose du genre pour vous faire taire. Et si vous croyez que ça ne vous atteindra pas... Un jour vous irez peut-être au Rwanda et sortirez le mauvais mot avec la mauvaise personne dans le coin, et ce sera vous le révisionniste/négationniste/génocidaire/terroriste ou porté disparu/prisonnier/mort, au choix. Ou peut-être aurez-vous une bête altercation avec quelqu’un. Ou vous aurez un bien ou un business que quelqu'un convoitera. Si la personne en face a les bonnes connexions, ça pourrait être vous le prochain révisionniste/négationniste/génocidaire/terroriste ou porté disparu/prisonnier/mort, au choix. Ou vous subirez une des injustices que vivent de nombreux Rwandais au Rwanda, et vous voudrez vous défendre.
 
N’a-t-on pas dit qu'il "suffisait" de la fermer quand on se trouve au Rwanda et ça va? Et on savait aussi qu’il fallait la fermer ici si on veut aller au Rwanda dans un avenir proche, même en vacances. Maintenant il faut se rappeler de la fermer ici aussi, tout le temps, pour de bon. 
 
Vous ne « dérangerez » jamais ? Ok, taisez-vous maintenant, mais pensez à ne surtout pas éduquer vos enfants et petits-enfants sur votre histoire. Ne leur parlez pas de vos parcours ni de ceux de vos familles. Que ce soit votre fuite du Rwanda en 1994, ou avant ou après, les chasses à travers les forêts du Congo, les massacres du FPR sur son chemin vers Kigali pendant le génocide des Tutsis en 1994, massacres qui ont continué méthodiquement après, en 1995-6-7-8, ou vos proches disparus ou en prison ou morts ou qui souffrent ou ont souffert dans le Rwanda du FPR par telle ou telle injustice. Pensez à ne surtout pas leur raconter votre histoire, leur histoire. Vos enfants et petits-enfants pourraient poser des questions ou même simplement la sortir au mauvais endroit.
 
Parce que c’est ce que nous acceptons aujourd’hui si nous ne faisons rien. Ecrivons, parlons, dénonçons ce lynchage de Jambo aux journaux, aux partis politiques, je ne sais pas, faisons quelque chose. Dénonçons cette bande d’acharnés qui calomnient, insultent pour faire taire, nous avons le droit de raconter nos histoires, de dénoncer les crimes du FPR, de dire que Kagame n’est pas le sauveur innocent qu’on veut présenter, et que cela ne fait pas de nous des révisionnistes/négationnistes/génocidaires/terroristes selon que ça les arrange.
 
 
 
REMERCIEMENTS
Par Joseph MATATA, militant des Droits de l'Homme, Coordinateur du Centre de Lutte Contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda (CLIIR)
 
 
 
 
 
 
 Merci à Gisèle Uwilingiyimana.
 
En utilisant le vocabulaire approprié, Gisèle nous rappelle les menaces qui pèsent sur chaque personne qui refuse de se laisser "HUMILIER" et de la FERMER:  « Quand ce sera vous qui dérangerez, ou vos enfants, ou vos petits-enfants, ils trouveront bien quelque chose du genre pour vous faire taire. Et si vous croyez que ça ne vous atteindra pas... Un jour vous irez peut-être au Rwanda et sortirez le mauvais mot avec la mauvaise personne dans le coin, et ce sera vous le révisionniste/négationniste/génocidaire/terroriste ou porté disparu/prisonnier/mort, au choix. …..
(…) N’a-t-on pas dit qu'il "suffisait" de la fermer quand on se trouve au Rwanda et ça va? Et on savait aussi qu’il fallait la fermer ici si on veut aller au Rwanda dans un avenir proche, même en vacances. Maintenant il faut se rappeler de la fermer ici aussi, tout le temps, pour de bon ». 
 
Gisèle est une brave fille comme son père, Juvénal Uwilingiyimana, était un compatriote courageux.  Surtout le jour où il refusa de mentir pour faire plaisir à quelques "chasseurs de têtes" du TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda). Il aurait pu gagner encore quelques années de vie terrestre. C'était le 21 novembre 2005 le jour de sa disparition. Juvénal nous a laissé un bel exemple dans sa lettre-testament du 05/11/2005 car il a refusé de falsifier l'histoire de notre tragédie pour satisfaire ses commanditaires et bénéficiaires. Rappelons quelques extraits: " 
«Je ne veux pas mentir pour faire plaisir aux enquêteurs et donner du crédit à votre thèse selon laquelle le génocide rwandais a été planifié par le MRND et l’AKAZU restreint et élargi. Je suis prêt à supporter toutes les conséquences telles qu’elles m’ont été précisées par les enquêteurs (du TPIR et il a cité leurs noms) : je serai lynché, écrasé, mon cadavre sera piétiné dans la rue et les chiens me pisseront dessus (propres termes des enquêteurs).
Monsieur le procureur, ceux qui ont planifié et mis en œuvre à partir du 1er octobre 1990 le génocide du peuple rwandais sont connus, ceux qui ont assassiné le président Habyarimana Juvénal et plongé le Rwanda dans l’horreur sont connus et ce sont les mêmes qui ont planifié et exécuté le génocide du peuple congolais.
Dans ma lettre du 06 avril 2005, deuxième rappel de ma plainte, j’attirais votre attention sur le fait que l’impunité a toujours été et sera toujours un facteur d’instabilité, elle n’a jamais été et ne sera jamais un facteur de réconciliation ni au Rwanda ni ailleurs ».
Vivre dans la dignité c'est toujours possible comme le confirme notre compatriote artiste Byumvuhore J. Baptiste dans sa merveilleuse chanson "BIBANANIZIKI?". Bonne question: pourquoi est-ce difficile de garder sa dignité; puisque:
« Ko bitagombera amashuli (Ce ne demande pas des diplômes) »
 
« Ntibinagombe amafaranga (Ce ne demande pas de l’argent) »
 
« Ntibinasuzuguze ubigize (Cela n’occasionne aucune humiliation) »
 
« Mbibalize bibananiziki ? (Je vous demande pourquoi êtes-vous incapables de vous comporter comme tels ?). Chaque couplet énumère les comportements qui caractérisent de braves gens respectueux des valeurs humaines telles que « l’amour, la générosité, la bonté, l’humanité, la solidarité, la fraternité, la justice, la bravoure, le respect, le sacrifice, etc.
 
Le papa de Gisèle, Juvénal Uwilingiyimana, est aujourd'hui fier de sa fille. 
Je ne doute pas que son âme réside au paradis des braves, à côté de tous ceux qui ont refusé de vendre leur âme au diable pour assouvir leur cupidité et garantir leur confort matériel ici sur terre.
En refusant de trahir sa conscience pour faire plaisir aux enquêteurs du TPIR qui le poussaient à mentir, il a accepté le sort qui l'attendait. Pour préserver sa dignité et garantir celle des futures générations, celle de son peuple sans discrimination aucune. 
 
Le sacrifice de Juvénal Uwilingiyimana est un acte de bonté envers son peuple, envers nous ses sœurs et frères survivants de la tragédie rwandaise au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC). Bref, sa mort est un acte de bonté envers tous les autres hommes, envers l’humanité entière. La notion de sacrifice implique l’idée d’un renoncement volontaire à un bien particulier en faveur d’un bien supérieur, l’idée d’un dés-intéressement de l’individu qui se consacre au service des autres. L’ultime sacrifice est de renoncer à sa vie.
 
Les humains ne meurent pas, ils changent de dimension et sortent de la prison que constitue leur corps. Dieu nous a créés à son Image pour que nous puissions vivre la vie éternelle à ses côtés dans son Royaume où toute souffrance est bannie. Que Son Nom soit Sanctifié. Courage Courage aux jeunes candidats issus de l'association JAMBO.
Je souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui résistent à l'oppression. Car: "Exister, c'est résister" et quoi qu'il arrive, la vérité finira par triompher.
 
MATATA Joseph.
 
 
Voici quelques couplets (1,2,6,7 et 8) de la chanson "BIBANANIZIKI? qui pourraient inspirer les détracteurs de JAMBO asbl (voir tout le texte de cette chanson (en kinyarwanda) en fichier attaché):
 
 1: Kugira impuhwe, ugafasha abababaye ; Ukababalira n’abakene; Kwicisha bugufi aho ugeze hose; Ukarangwa n’ikinyabupfura. 
 
 
Ref. :   Mbibalize, Mbibalize ; ko bitagombera amashuli ; Ntibinagombe amafaranga ; Ntibinasuzuguze ubigize ; Mbibalize: bibananiza iki?
 
2: Gukunda abantu utavanguye amoko, Nta nyungu n’imwe ubikoreye;  Kubaha abantu ndetse n’abo usumba, Abakugannye ukabunganira
 
 
 
6: Hariho ibintu bibaza amashuli;  Hariho n’ibibaza amafaranga; Hariho abantu borohera abandi;  Bafite umutima n’uburere.
 
Refrain:   None se ubu, none se ubu; Ko abandi bana babishobora Nta dipolome, nta certificat; Nta na registre, nta permis; Mbese ubwo mwe bibananiza iki?
 
7:“Hariho abantu bahorana urwango;  Ndetse bakanga abo batazi Hariho abantu bagira amatiku;  Bagira ishyali bagasebanya
 
Refrain: Mbibalize, Mbibalize, Ko amashuli mwayaminuje; N’amafaranga mukayagira; Roho nzima muyibulira he? Mbibalize: muyibulira he?”
 
8: "Hariho abantu bahorana urukundo;  Barenganura abarenganijwe. Hariho abantu bashyira mu gaciro;   Bahora baharanira amahoro. 
 
Refrain: Mukomere, Mukomere. Nta Kaminuza mwagezemo; Nta mafaranga mwigilira. Nyamara isi irabakeneye. Murakabyara mwororoke  x 3 fois
 
 
 
 
Centre de Lutte contre l'Impunité et l'Injustice au Rwanda (CLIIR) Rue de la Colonne, n°54/4 1080 BRUXELLES Tél/Fax : +32.81.601.113 GSM : +32.487.616.651 (Base) & +32.476.701.569 (Proximus)

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