Votre Excellence,

N'ayant pas pu participer à votre conférence de ce 05/04/2016 à Bruxelles, voici mes questions dans le but de contribuer positivement au débat politico-juridique actuel autour de la mémoire des victimes du génocide et autres crimes contre l'humanité et crimes de guerre qui ont endeuillé et continuent d'endeuiller les Rwandais.

Merci pour votre réponse.

Innocent TWAGIRAMUNGU, Bruxelles, en mémoire de toutes les victimes rwandaises et étrangères

 

Sept questions à Son Excellence l’Ambassadeur du Rwanda en Belgique

 

  1. Où ce situe la ligne de démarcation entre le fait de critiquer ou de contredire les affirmations du régime du FPR et le « négationnisme » ? Nous avons constaté, en effet, que, pour ce régime, toute critique de son action ou de sa tentative de réécriture de l’histoire revenait à « se rendre coupable de négationnisme ». Un exemple : Quand le régime du FPR déclare que la Communauté Internationale n’a pas voulu intervenir pour arrêter le génocide et que c’est le seul FPR qui s’en est chargé sans l’appui de quiconque, tous ceux qui ont suivi les événements de l’époque ou qui l’ont étudié par après, savent que c’est bien le FPR quand il était encore une rébellion,  qui a empêché la même Communauté Internationale d’intervenir. Des documents d’archives existent qui montrent que dès avril 1994, le FPR a menacé toute force étrangère qui interviendrait au Rwanda et a même envoyé au Conseil de Sécurité de l’ONU une délégation comprenant Claude Dusaidi aujourd’hui décédé et Gerald Gahima encore en vie, pour dire de vive voix que le FPRR s’opposera de toutes ses forces à toute intervention. Paradoxalement , depuis la prise du pouvoir du FPR en juillet 1994, quiconque ose dire que le FPR ne dit pas toute la vérité sur ce qui est présenté comme un  abandon de la Communauté Internationale, est accusé de « négationnisme » et s’il est au pays, il est emprisonné et lourdement condamné. Alors, a-t-on le droit de critiquer le FPR sans être taxé de « négationnisme » ?

2.  Peut-on parler des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda entre1990 et 1994 sans être qualifié de « négationniste » ? On a vu en effet des personnes qui reconnaissent bien le génocide commis en 1994, mais dès qu’elles commencent à parler des crimes de guerre et crimes contre l’humanité  surtout commis par l’ancienne rébellion du FPR et actuel parti au pouvoir, ces personnes sont accusées de « négationnisme » et si elles sont accessibles, elles sont alors lourdement condamnées. Exemple : Madame  Victoire Ingabire Umuhoza, Présidente du parti FDU-Inkingi.

3. Génocide de 1994. Peut-on avoir des explications sur l’évolution de la terminologie politico-juridique par votre gouvernement  et comment a été adoptée l’appellation officielle définitive  qui doit obligatoirement être utilisée sous peine d’être taxé de « négationniste » ? De même comment et par qui a été fixé le nombre de victimes, et pourquoi les résultats d’autres recherches statistiques qui n’aboutiraient pas au même nombre doivent être qualifiés de « négationnistes » ?

4. Monsieur Olivier Nduhungirehe,  êtes-vous toujours « Vice-président » du parti PSD, l’un des petits partis satellites du FPR, et si oui, comment se passe ce cumul avec vos nouvelles fonctions d’ambassadeur du Rwanda en Belgique ? Autrement dit, vous sentez-vous comme un diplomate représentant tous les Rwandais ou un militant d’un parti au pouvoir déterminé à en découdre avec ses opposants ?

5. Excellence,

 

Ce 02/04/2016, les USA confirment que le Rwanda entraîne militairement les refugiés burundais et que c'est prouvé. Quel est votre commentaire face à cette persistance de votre allié américain à révéler au monde entier cette vérité que tente de cacher soigneusemenet votre gouvernement ?

A lire sur:  Les USA confirment que le Rwanda entraîne militairement les refugiés burundais

"Les Etats Unis suivent de près les informations qu’ils disent « vérifiées » sur l’entraînement militaire des réfugiés burundais vivant au Rwanda qui se prépareraient pour déstabiliser le Burundi.
Dans une conférence de presse animée samedi 2 avril 2016 à Bujumbura, Tom MALINOWSKI, Secrétaire d’Etat adjoint pour la démocratie, les droits humains et le travail aux Etat Unis a dit qu’il espère que ces entraînements militaires se sont arrêtés. « C’est une question que les Etats Unis suivent de très près », a-t-il précisé.
Concernant ces formations militaires auprès des refugiés burundais se trouvant au Rwanda, Tom MALINOWSKI a dit que les Etats Unis sont au courant et que c’est prouvé. « Notre position est claire et les pourparlers sur ce dossier sont en cours avec les autorités rwandaises », a dit le Secrétaire d’Etat adjoint pour la démocratie, les droits humains et le travail aux Etat Unis. Selon Tom MALINOWSKI, des résultats commencent à se manifester tout en affirmant que les Etats Unis continuent à suivre de près ce dossier. Cependant, l’autorité américaine rassure que les Etats Unis ne peuvent en aucun cas tolérer les pertes en vies humaines de ces derniers jours. Selon lui, même si les opposants politiques avaient des désaccords avec le pouvoir en place, ils pouvaient s’exprimer pacifiquement et paisiblement Par Alfred KURUBONE
RTNBPhoto: om MALINOWSKI".

6. Vous intervenez encore beaucoup dans les réseaux sociaux mais, des fois,  il y a des dérapages quant au dossier burundais et  certains éléments de l’histoire rwandaise. Ne trouvez-vous pas qu’il faille un peu de retenue ? La guerre se passe au Burundi et cela ne donne rien de l'exporter chez les Rwandais de Bruxelles. Après le discours de Kayibanda en 1964 et le  génocide de 1994, il n’est pas judicieux d’en remettre avec les tensions de nos voisins Burundais qui certainement vont s’asseoir et trouver des solutions à leurs problèmes. Beaucoup ont du mal à différencier votre communication d’ambassade de celle de guerre que vous menez dans les réseaux sociaux où certains vous considèrent comme un véritable « troll » ou « Community Manager » principal du régime FPR. Ceux qui sont payés officiellement pour ce job sont-ils à tel point incompétents que vous êtes sollicité par votre patron pour faire leur travail en plus de vos charges lourdes d’Ambassadeur? 

 A  lire ici  un article de Jambo News de 2013 pour mieux comprendre la problématique autour de la stèle de Woluwe Saint-Pierre qui est devenue le monument de la controverse.

Quel est votre point de vue quant à ces critiques que nous entendons et lisons presque tous les jours à votre encontre ? En tant qu’ambassadeur, vous êtes une personnalité que nous respectons pour cette charge et les intérêts que vous devriez représenter. Comme  la plupart de vos prédécesseurs dans cette ambassade, vous devriez être en mesure de représenter TOUS les Rwandais en Belgique, même ceux que vous qualifiez gratuitement  de « génocidaires » ou « négationnistes », faire preuve de retenue et de magnanimité dans  votre comportement partout et surtout en communication. Le fait que vous ne rendiez compte qu'à Mme Louise MUSHIKIWABO, votre supérieure hiérarchique et à celui qui vous a nommé, le Chef de l'Etat, ceci ne vous donne pas libre cours à donner l'impression ou de militer pour plus de mépris envers les Rwandais, quels que soient leurs positions politiques et/ou faits dont certains seraient suspectés du moment qu'aucune instance judiciaire n'est saisi de leur dossier pour en vérifier la pertinence et éventuellement envisager les poursuites judiciaires à leur encontre. Une telle diabolisation est destructrice du tissu rwandais qui peine à cicatriser. Le combat politique pouvoir /opposition ne  peut-il pas  se faire proprement? L'agitation des muscles au lieu du dialogue ne sauvera pas notre peuple. Au contraire, elle risque d'élargir davantage les antagonismes. Le passé tragique de notre pays devrait nous interpeler pour préparer un meilleur avenir à tous nos enfants.

7. Le Président rwandais est impliqué dans le détournement de l'argent de l'Etat rwandais qu'il injecte dans les paradis fiscaux (Panama et ailleurs) , dans des comptes aux USA, Afrique du Sud, Ile Maurice, Chine, Erythrée etc.

Suite au vol des millions et des millions de dollars et les affaires maffieuses qu'il fait illégalement via son épouse Jeannette NYIRAMONGI, le Général Emmanuel NDAHIRO, le Lieutenant SEKOKO Hatari Said et d'autres sociétés écrans, ainsi que l'appauvrissement conséquent du Rwanda et des Rwandais suite à ces vols, ne trouvez-vous pas que cet homme ne mérite plus de rester à la tête du pays pour continuer son pillage et qu'il doit rapatrier tout l'argent volé et vendre les biens mal acquis à l'étranger au profit de l'Etat rwandais dépouillé? 

Quel est votre commentaire face à ce scandale (Panama Papers) qui met à nu la supercherie de la bonne gouvernance au Rwanda et des institutions qui fonctionneraient alors que c'est le Chef de l'Etat qui dirige tout, tue, emprisonne et fait exiler  qui il veut et construit son impunité pour crimes contre l'humanité, crimes de guerres et crimes économiques. Nous comprenons maintenant pourquoi aucun projet ne peut plus être mené à bout au Rwanda et pourquoi beaucoup de dirigeants sont déclarés incompétents tout en restant dans leurs postes car c'est le Chef de l'Etat qui détourne l'argent des projets gérés par ces dirigeants "incompétents"!!!!

 

Un général rwandais impliqué

 

Plus à l’est, au Rwanda, Emmanuel Ndahiro, l’ex-conseiller à la sécurité du président Paul Kagamé et patron des services de renseignement de 2004 à 2011, figure lui aussi dans les fichiers de Mossack Fonseca. Celui que le chef de l’Etat a nommé général en 2015 a été directeur d’une société offshore, Debden Investments Limited, enregistrée aux îles Vierges britanniques en septembre 1998. Selon les « Panama papers », le propriétaire de cette société est l’ancien militaire devenu homme d’affaires Hatari Sekoko, désormais à la tête de plusieurs biens immobiliers et d’hôtels tels que le Marriott à Kigali.

 

Hatari Saidi SEKOKO

 

 

La société Debden Investments Limited a été désactivée en 2010. Contacté à plusieurs reprises, Emmanuel Ndahiro n’a pas souhaité s’exprimer.

 


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/04/04/les-africains-du-panama-2-ces-ministres-en-algerie-et-en-angola-clients-de-mossack-fonseca_4895210_3212.html#UQRwoyW18olK9D23.99